Une flèche dans le cœur
La compagnie des archers de Brive
La compagnie des archers de Brive fait partie des 5 clubs de tir à l’arc présents en Corrèze. Le club existe depuis plusieurs décennies maintenant et compte environ une soixantaine de licenciés. Nous avons été à leur rencontre lors de leur entraînement hebdomadaire.
Quand on franchit les portes du gymnase Rollinat de Brive, à 19 heures, un jeudi soir, c’est une ribambelle de flèches volantes à travers le bâtiment qui nous accueille. Aucun doute, c’est l’heure de l’entraînement pour La Compagnie des Archers.
Au-delà des bruits des flèches frappant la cible et de celui du relâchement de la corde de l’arc, aucune autre perturbation sonore n’est à signaler. Pour cause, la concentration, indispensable à l’archer, comme l’explique Marylène Dupont, la Présidente du club : “ Le tir à l’arc c’est un sport, il ne faut pas croire que ce soit simple. Au bout de deux heures [d’entraînement], vous êtes fatigués à cause de la répétition du même mouvement, de l’application au bon geste et de la concentration que ça demande.”
Un sport qui s’adapte aux saisons
Un avantage que l’on ne soupçonne pas au tir à l’arc est sa variabilité de pratique. Il peut se jouer en intérieur, durant l’hiver, avec des cibles situées à 18 mètres, et en extérieur, l’été, sur des cibles situées à 70 mètres. Un élément qui ajoute donc, à ce sport, une part de défi selon la saison. Autre point positif à la pratique du tir à l’arc évoqué par la Présidente : son accessibilité : “Ici, on accepte tout le monde dès l’âge de huit ans. il n’y a pas d’autres limites d’âge. Le tir à l’arc étant une arme, il faut une certaine discipline pour le pratiquer. On ne souhaite pas et nous n’avons pas les formations ni le matériel nécessaire pour accueillir les plus jeunes”, indique-t-elle.
Un arc digne des Jeux Olympiques
Le matériel de l’archer se compose de plusieurs éléments : “On a le même arc que celui utilisé aux Jeux Olympiques, il est composé d’une poignée, de branches, d’une corde, d’un viseur et d’une [barre] de stabilisation”, décrit Marc Walschaert, archer et entraîneur au club. S’ajoute à ça, un carquois avec des flèches, des protections pour le bras et pour les doigts : “Quand on tire beaucoup de flèches par jour, ça fait mal aux doigts”, justifie Marc. Au-delà du matériel, la préparation au tir est aussi, voire plus importante, pour faire une belle flèche.
Un sport mental et stratégique
Marc révèle que l’importance pour faire un bon tir et “de bien se placer, de se mettre dans sa bulle, de viser le jaune, le dix de la cible, et de se focaliser là-dessus.” Un exercice bien plus facile à dire qu’à faire, comme le confirme Marie-Christine Delannoy, archère depuis 30 ans et quadruple championne de tir à l’arc : “Notre entraîneur va nous mettre en place une stratégie de tir, c’est à dire “Qu’est-ce que je vais mettre en place pour faire une bonne flèche ?” Chacun à sa stratégie, certains c’est la respiration, d’autres la posture, ou alors se raccrocher à quelque chose, une image, un souvenir…”, explique-t-elle.
Si en 30 ans de pratique de tir à l’arc, Marie-Christine a obtenu plusieurs distinctions personnelles c’est également en collectif qu’elle s’illustre : “L’équipe ça fédère un club, on s’entraide vraiment. C’est une autre manière d’envisager le tir à l’arc, que je préfère”, confie-t-elle.
Pour cette année, l’équipe féminine de Brive est descendue en division régionale excellence dans le but de former la relève pour les départementales.
Selon la Fédération française de tir à l’arc, 77 000 licenciés sont recensés en France, en 2024.
© Corrèze Télévision – Janvier 2026
Un reportage de Marie Lamargue
et Richard Léonard

