Recensement des chauves-souris
Rencontre nocturne avec un mammifère à protéger
L’association GMHL spécialisée dans l’étude des mammifères terrestres et volants, des amphibiens et des reptiles, effectue des opérations de comptage des chauves-souris chaque année au Gouffre de La Fage.
À la tombée de la nuit, ce sont des visiteurs particuliers qui franchissent l’entrée du Gouffre de La Fage. Chaque année entre mai et juin, l’association GMHL spécialisée dans l’étude des mammifères terrestres et volants, des amphibiens et des reptiles, vient à plusieurs reprises effectuer des opérations de comptages de chauves-souris.
Un site d’intérêt international
Le Gouffre de la Fage est un lieu majeur pour le recensement des chauves-souris, notamment pour la diversité des espèces qui y résident : “On a une quinzaine d’espèces qui vivent dans le gouffre”, précise Manon Devaud, chiroptérologue au GMHL. Inscrit dans Natura 2000, c’est également un site d’intérêt international pour la préservation des chauves-souris. Suivi depuis 1985, il permet d’observer l’évolution des populations chauves-souris sur une période large. “À La Fage, il y a trois espèces qui mettent bas : le Grand Murin, le minioptère de Schreibers et le rhinolophe euryale. C’est celles-là qu’on va compter pour étudier l’évolution des populations”, explique la chiroptérologue. Ces opérations de comptage se font entre la fin mai pour l’espèce du grand murin et entre juin et juillet pour les deux autres.
Un comptage grâce aux ultrasons
Le début du comptage se fait à la tombée de la nuit, en sortie de gîte, quand les femelles sortent chasser. “On utilise un détecteur à ultrasons. Les chauves-souris émettent des ultrasons mais chaque espèce émet à une fréquence particulière, donc ça nous permet de discerner les différentes espèces qu’il y a dans l’environnement”, explique Manon Devaud. L’appareil va automatiquement transcrire les ultrasons en sons audibles, c’est le principe de l’hétérodyne.
Ce soir-là, c’est sur l’espèce du Grand Murin, une espèce qui met bat plus tôt dans l’année que les deux autres, que le GMHL s’est concentré.
Une espèce protégée
Si plusieurs mythes ont été propagés au sujet des chauves-souris, c’est pourtant un animal inoffensif pour l’être humain et qu’il est important de protéger.
La chauve-souris est également une espèce protégée par la loi au sein du territoire européen, il est donc formellement interdit de les manipuler, de les déplacer ou de leur nuire. Manon Devaud précise également que si “des particuliers ou des collectivités ont connaissance de chauves-souris, il ne faut pas qu’ils hésitent à nous prévenir pour qu’on les conseille”.
Cette première opération de comptage a été concluante pour le GMHL. Ce sont 460 femelles de l’espèce Grand Murin qui ont été recensées ce soir-là. Un chiffre en hausse par rapport aux deux années précédentes.
© Corrèze Télévision – Juin 2026
Un reportage de Marie Lamargue

